Institut National du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle

Entrée INTEFP

Retour sur l'arrivée d'Hervé Lanouzière, succèdant à Bernard Bailbe en tant que Directeur de l'Institut National du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle : 

Herv LANOUZIERE 02

Quel a été votre parcours avant votre arrivée à l’INTEFP cet automne ?

Ancien inspecteur du travail dans différents départements (Jura, Côte d’Or et Saône et Loire), j’ai rejoint une première fois l’Institut National du Travail pour m’occuper de la formation des inspecteurs-élèves du travail et de la formation initiale de manière générale. Ensuite, je suis reparti en Direction du travail, en tant que Directeur adjoint dans le Rhône pour m’occuper de la politique pénale, de l’animation de l’inspection du travail et la restructuration des entreprises. Par la suite, j’ai rejoint le Ministère du Travail sur la mission de recodification du code de travail pendant 3 ans. Je suis resté à la sous-direction des conditions de travail, à la DGT notamment pour piloter la cellule risques psychosociaux.

 

Ensuite, je suis parti dans un groupe industriel dans le privé, pour m’occuper de la coordination de la politique santé et sécurité de la branche Alliage du groupe Eramet. Je venais de produire un ouvrage sur les risques professionnels. Pour moi l’enjeu à l’époque était de voir si j’étais capable d’appliquer à l’entreprise ce que je préconisais depuis 25 ans aux entreprises. C’était un vrai challenge. Et puis, j’ai eu l’opportunité de devenir Directeur Général de l’Anact, et juste après, j’ai rejoint le corps de l’inspection générale des affaires sociales jusqu’à maintenant. Finalement, mon expérience m’a permis, tout en restant dans le champ du social et en ayant toujours le même objet de travail, d’avoir d’autres regards, d’autres points de vue depuis des endroits différents et d’enrichir véritablement mon regard. Je complétais ma compréhension du monde du travail car ce qui me fascine, c’est le travail.

 

Comment l’institut a-t-il évolué depuis votre expérience en tant que responsable de la formation initiale ?

Après l’avoir quitté en 2002, je redécouvre l’INTEFP après plus de 15 ans d’absence. La formation initiale d’inspecteur-élève a évolué, de nouvelles compétences issues de métiers et de parcours différents et de nouveaux regards enrichissent l’institut. Le mélange de juniors et seniors, dans le sens du niveau d’expertise métier me parait vraiment intéressant. Une plus grande ouverture, avec des personnes venant d’autres horizons que celui de l’inspection du travail. C’est selon moi la richesse, le réel levier sur lequel je vais m’appuyer. 

 

Quelles sont vos priorités pour les mois à venir ?

La grande priorité qui nous prendra beaucoup d’énergie est la réforme de la formation initiale des inspecteurs-élèves du travail. Ce processus demande beaucoup plus que de simplement changer le programme, et nécessite une grande ouverture, du changement au niveau des relations avec nos réseaux de formateurs et surtout une nouvelle logique pédagogique. D’ici la fin de l’année 2020, la structuration à grande échelle de l’offre des formations communes est l’une de nos priorités également, avec des attentes fortes de la tutelle et des partenaires sociaux. L’axe interne prioritaire reste le projet d’établissement avec un volet managérial fort sur la qualité de vie au travail. Il témoigne de ce dont nous souhaitons nous doter, en interne pour pouvoir travailler ensemble confortablement. Et également, le COP, qui contractualise ce que la tutelle attend de nous pour les 4 années à venir.

 

Que pensez-vous pouvoir apporter à l’institut ?

Les équipes savent ce qu’elles ont à faire, connaissent leurs métiers. Ma logique s’axe surtout sur le soutien aux activités des personnes, me demander de quoi ont-ils besoin pour avancer et comment les aider à le faire. C’est une logique d’appui avant tout, non pas une logique directive, en écoutant les besoins de tous, il s’agit de créer les conditions pour que nous puissions travailler correctement. La transversalité entre les services doit se généraliser. Il ne suffit pas de le dire ou de le décréter, il faut créer les conditions pour que chacun se passe le ballon. Pour cela, il est nécessaire d’être très présent, de « mouiller la chemise » pour bien comprendre ce que fait concrètement chacun au quotidien. Et surtout de la bienveillance, qui n’empêche pas l’esprit critique, mais avec de la considération de la manière dont les personnes reçoivent ce que nous leur disons.

 

Si vous deviez décrire l’institut en 3 mots, lesquels choisirez-vous ?

Le premier mot qui me vient à l’esprit est  envies , l’envie d’avancer. C’est ce que j’ai ressenti quand je suis arrivé de la part des agents, ce qui est énormément plaisant. Si l’envie est là, nous pouvons aller vraiment loin. Le deuxième mot, en rebond de ce que je disais tout à l’heure, serait l’expertise  sur laquelle nous allons pouvoir nous appuyer. Le troisième mot finalement, c’est  diversité , ne pas uniquement s’entourer d’experts mais aussi d’autres profils.

Aujourd’hui, ces trois éléments font la richesse de l’INTEFP.