Formation : une brique INTEFP dans la rénovation des bâtiments

Publié le 10/03/2026


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Le bâtiment n’est plus seulement un secteur économique, c’est devenu un levier climatique majeur. Avec 25 % d’empreinte carbone nationale (d’après la Feuille de route de décarbonation de la chaine de valeur cycle de vie du bâtiment, élaborée par le ministère de la Transition écologique), il se retrouve au centre de la Stratégie nationale bas carbone (la SNBC). 
En parallèle, l’objectif de zéro artificialisation nette des sols (le ZAN) a été fixé à 2050. Il vise autant à ralentir qu’à compenser l’artificialisation des sols en France, la notion a été reprise dans la loi Climat et résilience. 
Résultats : des bâtiments à adapter, des constructions neuves à réduire drastiquement, la rénovation des bâtiments s’impose donc à la filière bâtiment, l’obligeant à repenser son marché et son modèle économique. 

L'équipe FC qui a travaillé sur la formation REB autour de Caroline Guigue
L’élaboration de cette formation fut un véritable travail d’équipe. Autour de Caroline Guigue, la cheffe du département Formation continue : (de gauche à droite) Anne Loquerie, Agathe Bresson, Auréliane Floiras et Claire Le Gouguec (assise).

Pour accompagner au mieux les professionnels du secteur, la direction générale à l’emploi et à la formation professionnelle, la DGEFP, a sollicité l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, l’ADEME, et l’INTEFP pour former les agents des Services mutation économique. Ces agents sont en charge de veiller et d’anticiper au mieux les mutations économiques qui impactent un ou des secteurs et accompagnent les restructurations. 
L’occasion pour l’équipe de la Formation continue de l’INTEFP d’élaborer des modules de formation à distance innovants à destination de ce public.

Les précisions sur la formation « Acculturation à la filière de la rénovation énergétique des bâtiments » avec Caroline Guigue, la cheffe du département Formation continue.

Dans cette formation proposée par l’INTEFP coconstruite avec la DGEFP et l’Ademe quel a été le rôle de chacune des structures ?

Caroline Guigue : « Dès le départ, l’idée a été une collaboration d’expertise complémentaire et propre à chaque structure pour produire ce e-learning. L’Ademe nous a fourni les fiches et les instructions déjà élaborées et s’est aussi assurée de la cohérence du contenu technique et de la justesse de ce que nous avons retranscrit. La DGEFP avait la charge de valider les contenus et de s’assurer que la conception est bien conforme à la planification écologique établie par le gouvernement. De notre côté, nous avons proposé notre méthodologie de conception de projet. Nous avons suivi un certain nombre de partis pris pédagogiques pour répondre aux besoins des agents de la mutation économique.

Quelle a été la méthodologie appliquée pour mettre en place cette formation ?

CG : « Pour débuter, nous avons créé un groupe réunissant les agents des services concernés pour établir une carte d’empathie*. Cela nous a permis de cibler leurs besoins en formation pour aller au contact des entreprises, ce qu’ils connaissent du sujet, ce qu’ils en pensent, les freins qu’ils ont déjà identifiés. 
Nous avons aussi pu établir ce qu’ils souhaitent trouver dans la formation, son format, sa durée, ce qui les intéresse sur ce sujet. 
Le deuxième volet a consisté à dresser, avec l’aide de l’Ademe, une carte d’empathie du côté cette fois des artisans et des TPE du secteur, pour déterminer leur approche, leurs freins et leurs attentes pour que les agents puissent ainsi anticiper les réactions de la filière et y répondre. La rénovation énergétique est un secteur où l’on a beaucoup de discours contradictoires. Par exemple, le flou autour de l’arrêt, de la prolongation, des critères d’éligibilité de MaPrimeRénov’, a beaucoup crispé les professionnels concernés. 
Le troisième parti pris a donc été de structurer l’accompagnement notamment autour des idées reçues les plus fréquentes, afin d’apporter des réponses argumentées et de sécuriser les échanges sur le terrain. 
Ces trois approches combinées nous ont permis de créer ce e-learning de formation qui propose un niveau de connaissance et de compréhension du sujet. Pour passer du savoir à l’action, la DGEFP assurera ensuite l’animation du réseau de référents. 

*Une carte d’empathie est un outil collaboratif qui permet de synthétiser les ressentis et les besoins d’un public sur un sujet donné

Quels sont les différents outils pédagogiques que vous avez utilisés sur cette formation ?

CG : « Le principe suivi a été de diversifier les modalités pédagogiques afin de maintenir l’attention des apprenants à distance. Ils seront formés via des podcasts, dont un avec le neuroscientifique Albert Moukheiber (écoutez l’extrait ci-dessous), des vidéos, des modules interactifs. 
Les agents des services mutations économiques sont amenés à travailler dans de nombreuses filières. Donc notre objectif a été de leur permettre de s’approprier ce nouvel univers de la rénovation énergétique des bâtiments rapidement.
Nous avons découpé le parcours en synopsis et nous nous sommes à chaque fois demandé quelles activités pourraient être sympathiques pour faciliter l’apprentissage.
Nous avons abordé la formation en nous mettant au maximum "à la place de" et ce fut pour notre équipe un véritable travail collectif, conçu 100 % en interne. » 

Caroline Guigue : « La première séquence est une introduction à destination des agents qui ne sont pas forcément aguerris au changement climatique, à ses implications et les idées reçues à combattre. Il y a également l’interview d’Albert Moukheiber, docteur en neurosciences cognitives. Cela nous paraissait intéressant d’avoir une autre approche de la transition écologique, une approche plus scientifique des défis environnementaux, sur la responsabilité des individus, mais aussi des organisations. À travers la démarche autour de cette formation, en amenant ses services à aller au contact des entreprises par cet autre biais, l’État participe lui aussi : il prend sa part pour que l’ensemble du système soit cohérent sur la transition écologique.

Le deuxième module présente les enjeux de la rénovation énergétique, le quotidien des TPE : connaître le marché, les dynamiques, les actions qui peuvent être menées, les aspects réglementaires, pour que les agents puissent développer des fiches ou des actions qui soient ciblées par rapport aux personnes qu’ils rencontrent. L’un des objectifs est notamment de combattre les idées reçues sur le terrain. 

Le troisième module permet de cartographier l’écosystème. C’était l’une des attentes des agents rencontrés au démarrage du projet : arriver à simplifier le sujet, son contexte et ses conséquences, comprendre qui fait quoi dans l’écosystème dans lequel ils vont évoluer. Nous avons donc pour cela créer une "game map" : une carte interactive dans laquelle les apprenants se déplacent et répondent à des questions. Cette activité leur permet de s’approprier l’écosystème, de comprendre les liens entre les acteurs, de repérer les leviers d’action et d’identifier les interlocuteurs clés. C’est aussi ce qu’ils devront faire sur le terrain : mettre en relation les professionnels avec les différents organismes privés et publics.

Enfin, le dernier module favorise l’action avec des exemples concrets. C’était aussi une attente des agents formulée en début de projet. Ils ont besoin de voir ce que d’autres institutions font sur la thématique pour s’en inspirer et comprendre les déclinaisons possibles dans les territoires. Sur ce volet, l’Ademe nous a aidé, notamment en nous fournissant une vidéo sur l’action d’un conseiller entreprises dans le cadre de MaPrimeRénov’. »

La formation s’adresse aux agents des services « mutations économiques », et plus précisément aux référents à la transition écologique et aux délégués à l’accompagnement à la reconversion professionnelle sur la filière rénovation énergétique des bâtiments. 
D’une durée de 2 à 3 heures, cette formation en ligne est composée de cinq modules à suivre à son rythme. 
Les objectifs pédagogiques visent à comprendre le contexte de la REB et ses enjeux ; à connaître les principaux aspects réglementaires et les problématiques associées ; à connaître les outils de ciblage sur les territoires ; à identifier l’écosystème de la REB (acteurs, ressources disponibles, organisation).

Les 5 séquences se décomposent ainsi : 

  • Une introduction permettant d’en savoir plus sur la transition écologique
  • Un module rénovation énergétique des bâtiments et les TPE
  • Un module cartographie de l'écosystème
  • Un module favoriser l'action
  • Un module d’auto-évaluation de formation permet d’obtenir une attestation de suivi de formation.

Pour en savoir plus et pour s’inscrire : Formation en ligne - Acculturation à la filière de la rénovation énergétique des bâtiments - INTEFP Formations

Écoutez l’extrait de l'interview d'Albert Moukheiber