Quand l'environnement devient un enjeu de santé au travail

Publié le 23/10/2026


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Quand l'environnement devient un enjeu de santé au travail

Le 21 octobre 2026, lors du séminaire annuel de rentrée des inspecteurs santé et sécurité au travail (ISST) organisé par la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), l'INTEFP a animé une séquence consacrée aux liens entre santé au travail et santé environnementale. 

Les facteurs environnementaux et la prévention au travail

Ces risques environnementaux recouvrent notamment l'exposition aux substances chimiques, aux pollutions physiques telles que le bruit ou les rayonnements, aux nuisances biologiques ainsi qu'aux effets du changement climatique. Ils incluent également les impacts psychiques liés à la prise de conscience des enjeux environnementaux. Certaines expositions restent peu visibles ou difficiles à identifier, comme celles liées à l'amiante ou aux rayonnements.

Des obstacles persistants à la prévention

L'intervention a mis en évidence plusieurs freins à la prévention des risques environnementaux au travail :

  • le cloisonnement entre santé publique, santé environnementale et santé au travail ;
  • des expositions longues, parfois difficiles à détecter ;
  • le caractère invisible de certains risques ;
  • le sentiment d'être protégé ou peu concerné ;
  • des acteurs de prévention qui ne disposent pas toujours des moyens nécessaires.

La fonction publique présente par ailleurs des caractéristiques spécifiques. Sa population est largement féminisée et confrontée, dans certains secteurs, à une surexposition et à une reconnaissance insuffisante des risques. La diversité des métiers et des situations professionnelles nécessitent également des approches de prévention adaptées. Enfin, le cadre réglementaire, les acteurs mobilisés et les responsabilités en matière de prévention lui confèrent des particularités propres.

L'exemple de l'amiante pour éclairer les pratiques

Anne Marchand, sociologue et historienne, chercheuse à l'IRIS (Université Sorbonne Paris Nord) et ingénieure de recherche au Groupement d'intérêt scientifique sur les cancers d'origine professionnelle en Seine-Saint-Denis (GISCOP93), a présenté ses travaux consacrés à la prise en charge du risque amiante.

S'appuyant notamment sur l'exemple du Tripode de Nantes, elle est revenue sur les mécanismes ayant conduit à la reconnaissance du risque et à la mobilisation des agents concernés. Occupé pendant plusieurs décennies par des services de l'État, cet immeuble a été démoli en 2005 en raison de la présence d'amiante dans sa structure.

Comme l'exemple de l'usine Kodak de Vincennes, également évoqué au cours de l'intervention, ce cas illustre les enseignements tirés de la gestion de ce risque et l'évolution progressive des pratiques de prévention dans la fonction publique.

Un temps d'échange pour identifier les besoins

La séquence s'est achevée par un échange avec les 130 participants, composé d’inspecteurs santé et sécurité au travail et d’agents chargés des fonctions d'inspection (ACFI) afin de recueillir leurs retours d'expérience, leurs besoins et leurs préoccupations.

Trois questions ont structuré les discussions :

  • sur quels facteurs de risque environnementaux sont-ils amenés à formuler des préconisations dans le cadre de leurs missions d'inspection et de contrôle ?
  • de quels outils, ressources ou compétences ont-ils besoin pour intervenir plus efficacement ?
  • quels risques émergents liés aux facteurs environnementaux anticipent-ils dans leurs environnements professionnels ?

Les contributions recueillies viendront nourrir les réflexions de l'INTEFP pour renforcer l'accompagnement des acteurs de la prévention face aux enjeux croissants de santé environnementale dans la fonction publique.

 

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